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Josef Allen Hynek

Hynek naît le 1 mai 1910 à Chicago (Illinois) de parents tchécoslovaques. Il fait ses études dans les écoles publiques de la ville, et sort du lycée technique Crane en 1927. Il entre alors à l'Université de Chicago, dont il obtient un B.S. en 1931, puis un doctorat en astrophysique en 1935.

Cette année-là il commence à enseigner à l'Université de l'Ohio, où il rejoint l'équipe de l'observatoire McMillin. Il travaille avec N. T. Babrovnikhoff, observant Nova Herculis en 1934 et Nova Lacerta en 1936.

En 1942, avec la 2nde guerre mondiale, il est affecté comme scientifique civil travaillant sur le développement du fusible de proximité radio au Laboratoire de Physique Appliquée de l'Université John Hopkins.

En 1946 de retour au civil et à l'Université de l'Ohio, il reprend la direction jusque là assurée par Emerson McMillin, jusqu'à la retraite du professeur Manson. Il occupe à cette époque une double fonction, assurant également la direction de l'Observatoire Perkins.

 

Un premier signe

Au printemps 1948, Hynek est recruté par l'USAF pour faire partie de la 2ème génération d'experts du projet Sign :

J'enseignais l'astronomie à Colombus, l'Université de l'Ohio. Un jour 3 hommes — et ils n'étaient pas vétus de noir — sont venus me trouver, envoyés par la base Air Force de Wright Patterson située à Dayton, dans les environs. Je me souviens qu'ils ont commencé à me parler de la pluie et du beau temps, de choses comme ça, et finalement l'un d'entre eux m'a demandé ce que je pensais des soucoupes volantes. Je leur ai répondu que pour moi c'était un ramassis d'absurdités, et ça a paru les mettre à l'aise. Alors ils en sont venus au sujet de leur visite. Ils ont déclaré qu'ils avaient besoin d'un conseil en astronomie parce que leur mission consistait à tenter d'éclaircir ces histoires de soucoupe volantes. Ils disaient avoir besoin d'un astronome pour faire le tri entre les phénomènes liés aux météorites, et autres objets célestes. J'ai pensé que ce serait amusant d'accepter, et de bénéficier d'une classification top secret, et tout le reste.

En tant que spécialiste en astronomie, il est chargé de trier les observations en faisant la part de ce qui revenait aux phénomènes d'origine astronomique. A cette époque, certains membres importants du projet croient à l'origine extraterrestre de certains des objets observés :

Certains participants avaient l'air de considérer le problème assez sérieusement. En même temps, il s'était creusé un fossé important au sein de l'Air Force entre 2 écoles de pensée : d'un côté il y avait ceux qui préparaient sérieusement un rapport d'évaluation destiné au général Vandenberg, mais de l'autre il y avait un groupe d'opposants qui finalement emportèrent le morceau, et les plus motivés furent disséminés dans différents endroits. En d'autres termes, les négatifs avaient eu le dernier mot.

Hynek, lui, demeure plutôt sceptique :

Ma propre participation à ce "Projet Sign" n'avait rien arrangé à cette situation, parce que je pense que la plupart de mes propres évaluations étaient empreintes d'une tournure négative. J'allais chercher très loin des explications naturelles, parfois même quand ça ne tenait pas debout. Je me rappelle ce cas du Canyon de Snake River — je pense que c'est celui-là — où un homme et ses 2 fils avaient vu un objet métallique descendre en tourbillonnant dans le canyon, ce qui avait entraîné un balancement au sommet des arbres. En voulant à toutes fins établir une cause naturelle à ce phénomène, j'ai déclaré que c'était une sorte de remous atmosphérique. Bien entendu je n'avais jamais constaté un tourbillon de ce genre, ni je n'avais au fond une quelconque raison de croire que ça puisse même exister. Mais j'étais tellement préoccupé d'y voir une cause naturelle que j'arrivais à me convaincre qu'il ne pouvait y avoir d'autre explication. Il m'a fallu pas mal de temps pour changer ma tournure d'esprit.

On peut le lire ici ou là proposant des explications triviales à diverses observations, comme celle de Arnold.

En 1951 il assemble un photomètre photoélectrique pour le réfracteur de McMillin. L'année suivante il entâme une recherche sur la scintillance des étoiles le jour dans le cadre d'un "Projet de Vision Astronomique" financé par l'USAF.

Blue Book

En 1952 une vague d'observations va toucher l'Amérique. Dans le cadre du Projet Stork, Hynek est chargé de sonder discrètement ses collègues astronomes au sujet des ovnis, ce qu'il fait du 22 juin au 11 juillet. Un peu plus de 10 % indiquent avoir observé des phénomènes inexpliqués. Cet été-là dans un débat à la conférence de l'American Optical Society de Boston il ridiculise Donald Menzel. En septembre, il fait l'objet d'une enquête discrète du FBI.

En 1956, l'astronome Fred Whipple, de l'Université d'Harvard, engage Hynek en tant que directeur associé du projet Moonwatch. Il est chargé d'organiser le lancement de satellites et la formation des astronomes qui doivent les diriger. Ce travail attire sur lui l'attention des médias et du public. Durant la même période, il est aussi consultant scientifique auprès de l'USAF en matière d'ovnis, pour la simple raison qu'il est l'astronome le plus proche de la base de Wright Field, à Dayton (Ohio). Cette base centralise les recherches ufologique, appelée projet Sign.

Baker-Nunn

A partir de 1955, Hynek est occupé à plein temps sur la mise en place d'un réseau de caméras Baker-Nunn, visant à installer 12 stations de repérage de satellites en divers points du globe. Il engage dans ce projet A. "Bud" Ledwith (qui l'avertit de l'affaire de Kelly-Hopkinsville) pour travailler sur les mécanismes d'horlogerie à quartz des chambres photographiques, puis Walter Webb lorsque le réseau est opérationnel 2 ans plus tard, en février 1957.

En 1959 Hynek abandonne son poste à l'Observatoire pour occuper un professorat à la Northwestern University. En 1960, il devient le patron du département — moribond — d'astronomie de l'université d'Evanston (Illinois). Il le réforme et le réorganise totalement, tout en créant un nouveau centre de recherches astronomiques.

Vallée

Hynek aurait fort fort bien pu passer le restant de ses jours sans se préoccuper des ovnis et du projet Blue Book. Mais cela aurait été compter sans le destin, en l'occurence l'arrivée d'un étudiant français, Jacques Vallée. Depuis sa tendre enfance ce dernier s'intéresse aux ovnis. Vallée fait prendre conscience à Hynek des manipulations dont il a été la victime, ainsi que de celles dont il a été à l'acteur, bien qu'inconsciemment. Un revirement s'opère, et en avril 1963, Hynek écrit dans Yale Scientific Magazine : Le témoin moyen est au-dessus de la moyenne, honnête et sérieux. Aucun examen vraiment scientifique du phénomène ovni n'a été entrepris malgré l'énorme volume de données brutes.

Un an plus tard en avril 1964, il est amené à enquêter sur le cas Zamora dans le cadre de Blue Book. Ce cas est un de ceux qui marque le plus Hynek qui enquête plusieurs jours pour essayer de trouver le moindre indice qui puisse jeter un doute sur cette affaire. Il n'en trouve pas. Malgré cela, en accord avec le Pentagone, il dicte à Zamora une version éliminant le symbole observé et la présence des humanoïdes en blanc.

En 1965, Hynek cautionne le 1er ouvrage de l'étudiant Vallée, et renie ce qu'il avait défendu. Il le fait prudemment, à mots couverts, en redigeant le texte de la 4ème de couverture (un peu plus tard, il écrira la préface du 2nd ouvrage de Vallée, co-écrit avec son épouse Janine).

Le 8 novembre, il déclare : Au lieu d'enquêter sur les apparitions d'ovnis, on ferait mieux d'enquêter sur les gens qui les signalent.

Hillsdale ou le revirement

Quelques mois plus tard, le 21 mars 1966, intervient l'affaire du "gaz des marais", à Ann Harbor, dans le Michigan. Un télex de l'United Press International tombe :

40 personnes, dont 12 policiers, ont déclaré avoir vu un objet étrange qui semblait gardé par 4 vaisseaux d'accompagnement, se poser dans un marais proche, pendant la nuit de dimanche.

Le 23, Hynek est sommé d'expliquer l'incident. A court d'arguments, il évoque le gaz des marais. L'explication ne tient pas debout face aux témoignages et décrédibilise totalement Hynek et l'USAF, qu'il représente alors. La presse en fait ses gorges chaudes.

Hynek et Robert Taylor à Hillsdale en mars 1966

Va suivre ce qui va apparaître comme un revirement capital de Hynek. Celui-ci exprime une série de critiques sur la façon dont l'étude des ovnis a été gérée par l'USAF, contrant ainsi Quintanilla, le nouveau chef du projet Blue Book. Il rappelle que des ovnis ont été vus par des scientifiques. Plus tard, il décrira ainsi le projet Blue Book :

J'étais là au [Projet] Blue Book et je sais quel était leur travail. On leur disait de ne pas exciter le public, de ne pas faire de vagues... A chaque fois qu'arrivait un cas qu'ils ne pouvaient pas expliquer — et il y en avait quelques uns — ils y faisaient particulièrement attention, et laissaient çà aller aux médias... Pour les cas très difficiles à expliquer, ils faisaient des pieds et des mains pour en laisser éloignés les médias. Ils avaient un travail à faire, que ce soit bien ou mal, empêcher le public de s'exciter.

En 1967, il participe à la 13ème Assemblée Générale de l'Union Astronomique Internationale à Prague, où il a notamment l'occasion de constater le double langage des soviétique au sujet des ovnis. D'un côté le phénomène est nié, mais de l'autre Felix Ziegel commence à appeler de ses voeux une étude multipartite. Hynek s'inquiète d'une avancée secrète des russes sur le sujet .

Congrès

Le 29 juillet 1968, Hynek participe au symposium sur les ovnis organisé par le Congrès américain. Il y fait une déclaration officielle  reprenant certains de ses articles antérieurs.

Retour au civil

Début 1969 sort le rapport de la commission Condon, que Hynek ne manque pas de critiquer. Le rapport marque aussi la fin de l'implication officielle de l'Air Force dans l'investigation du problème ovni, et Hynek est congédié de son poste de conseiller scientifique du projet Blue Book. A partir du 1er juillet, il ne travaille officiellement plus pour l'armée. En décembre, il participe au symposium annuel de l'AAAS, qui refuse de cautionner le rapport Condon.

En 1972 Hynek publie son 1er livre sur le sujet , dans lequel il décrit son audition devant le comité O'Brien, sa critique du rapport Condon et du projet Blue Book, la justification que lui demande l'USAF de cette critique, et crée son fameux système de classification des observations d'ovnis. On y trouve aussi 2 photos d'une observation inexpliquée qu'il a fait à travers le hublot d'un avion, à 9000 m d'altitude. Le livre est plutôt bien reçu .

CUFOS

Convaincu du manque de franchise de l'USAF qui vient de quitter au sujet des ovnis et du besoin d'étudier sérieusement ce phénomène réel, il fonde en 1973 le CUFOS avec son "collège invisible", un groupe de scientifiques anonymes craignant de perdre leur crédibilité et donc leur financements s'il avaient la maladresse d'étudier ouvertement sur le phénomène.

En 1974, il demande à Vallée de travailler à ses côtés à l'occasion d'un contact avec Bob Emenegger et Alan Sandler. Il publie Nouveau rapport sur les ovnis. En 1975, il publie un article sur les ovnis  dans une revue interne du FBI.

Au delà de L'HET

L'Hypothèse Extra-Terrestre n'explique pas tout. C'est la conclusion à laquelle arrive Hynek, le 4 octobre : Il y a trop de choses contre. Il semble ridicule qu'une intelligence quelconque vienne de distances si grandes pour faire des choses rapportées aussi stupides que d'arrêter des voitures et faire peur aux gens. Et il y a bien, bien trop de signalements. Et le 8 novembre : De nombreux signalements d'ovnis semblent plus relever de récits de "poltergeists" (cas où des objets volent à travers la pièce et d'étranges sons sont entendus) et autres types de manifestations "psychique" que de véritables éléments solides et matériel en tôles et boulons. C'est l'une des raisons pour lesquelles je ne peux accepter l'explication évidente des ovnis comme étant des visiteurs venus de l'espace .

Il devient une sorte de porte-parole des ufologues, notamment en collaborant avec Spielberg pour Rencontres du 3ème Type. Il est conseiller technique pour le film, et vante en cette occasion à Spielberg les qualités de Jacques Vallée, qui servira de modèle pour le personnage joué par François Truffaut. Spielberg rendra hommage à Hynek en le faisant apparaître un instant dans la séquence finale de son film.

La 1ère fois que je fus impliqué dans ce domaine, j'étais particulièrement sceptique à propos des gens qui disaient avoir vu des ovnis à diverses occasions et complètement incrédule quant à ceux qui déclaraient avoir été à bord de l'un d'eux. Mais j'ai dû revoir mon jugement.

Je me souviens de l'époque de Galileo lorsque j'essayais d'amener les gens à regarder les tâches solaires. Ils se disaient que le Soleil était le symbole de Dieu; Dieu est parfait; donc le Soleil est parfait; donc les tâches ne peuvent exister: donc il n'y a pas à regarder .

En 1977 il sort un nouveau livre.

En 1978 il publie avec Jacques Vallée un livre proposant une approche philosophique examinant le statut de l'ufologie, sa relation avec la communauté scientifique, et les perspectives pour résoudre le problème.

Le 27 novembre, il plaide à l'ONU pour une prise en charge sérieuse du problème.

En 1984 Hynek il déménage à Scottdale, et confie la direction du centre CUFOS de Chicago à Rodeghier.

En 1985, il s'intéresse au projet Hessdalen (Norvège) et part là-bas suivre les études de lui-même. Il rend des visites fréquentes à Willy Smith, avec qui il développe l'UniCat. Sa dernière visite à Smith a lieu du 20 au 31 août.

Atteint d'une tumeur maligne au cerveau, Hynek doit subir le 5 septembre une 1ère opération chirurgicale. Sa santé va décliner rapidement, et il décède le dimanche 27 avril 1986 au Memorial Hospital de Scottsdale (Arizona). Seront publiés à titre posthume son travail sur les observations de la vallée de l'Hudson, et un livre du CUFOS.

Hynek et Vallée en 1978

 

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