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Le 21 novembre 1981 Le cas dit des amarantes à Laxou près de Nancy

Le cas dit des amarantes est un événement exceptionnel survenu en France. Il est remarquable pour deux raisons. D’abord à cause de la condition sociale du témoin, ou plus précisément de sa fonction : il est en effet chercheur en biologie cellulaire. Ensuite pour la durée et la précision de l’observation.

 

                                                                         Laxou

 Le 21 novembre 1981 à midi, au centre de la petite ville de Laxou (2) (proche de Nancy), Marc V., trente ans, entretient avec soin -selon son habitude- son minuscule jardin d’agrément. Le ciel bleu est libre de tout nuage. A midi 35, il aperçoit, brillant dans le soleil, un objet volant qui descend tout à coup en direction de son pavillon. L’objet stoppe sa course au milieu du jardin, à un mètre du sol et à faible distance du témoin (celui-ci, sous l’effet de la surprise, a fait quelques pas en arrière).

 

Cette sustentation va se maintenir de longues minutes. Dès qu’il est remis de sa surprise, Marc V. s’approche de l’engin inconnu qu’il examine avec attention. L’une des spécificités de son métier étant l’observation, il va en donner une description exceptionnellement précise.

 

L’objet est circulaire et d’apparence métallique. Son diamètre est d’environ 1 mètre cinquante, son épaisseur de 80 centimètres. Dans ce jardin grand de dix mètres carrés, il parait presque énorme. Faute de pouvoir lui trouver une ressemblance quelconque avec un objet familier, il sera comparé à deux couvercles de lessiveuse plaqués l’un contre l’autre. Sa partie inférieure comporte un méplat et offre un aspect métallisé rappelant le béryllium aux yeux du témoin. La partie supérieure, également bombée, est de couleur «bleu-vert lagon». La jonction des deux parties est d’un usinage si parfait qu’elles semblent ne former qu’une seule pièce. L’objet parait pesant (dans le rapport de gendarmerie on trouve la phrase «la masse volumétrique me paraissait très lourde»). Un enquêteur du GEPA a tenu à préciser : «On peut signaler que plus le phénomène se rapproche, plus la description et l’évaluation de sa forme est précise, mais également aussi que le discours évolue du familier vers l’inconnu».

 Après quelques minutes d’hésitation, Marc V. quitte le jardin pour se saisir d’un appareil photo qu’il sait pourvu d’un film couleur. A son retour, l’objet n’a pas bougé. Mais il essaiera sans succès de prendre une photo, son appareil n’étant pas très fiable.La sustentation immobile de cette apparition insolite dure 20 minutes. Le témoin a le temps de l’observer sous plusieurs angles et de s’en approcher doucement jusqu’à une cinquantaine de centimètres. Il se penche alors pour regarder le dessous et découvre le méplat qui évoque un peu une base d’appui. L’objet, parfaitement silencieux, ne dégage ni chaleur ni froid.

 

 

Monsieur Marc V. ajoutera une autre information qui a paru curieuse à certains. Il a déclaré en effet que l’objet ne dégageait ni magnétisme, ni électromagnétisme : précision un peu surprenante compte tenu des conditions de l’observation. Mais cette précision n’était en fait qu’une réponse à la question posée par un gendarme : «Vous êtes-vous senti attiré par une sorte de magnétisme ?

Après vingt longues minutes d’immobilité (4), l’objet s’envole brusquement à la verticale, sans aucun bruit ni sifflement dus à la friction de l’air. Les roses trémières les plus proches, que leur longues tiges rend particulièrement sensibles aux mouvements de l’air, n’ont pas bougé. La vitesse ascensionnelle de l’objet -qui semble «aspiré»- est considérable : «Cet appareil est reparti à une vitesse qui ne correspondait pas à une vitesse... ça ne se mesure pas, c’est l’oeil qui voit ça...»
Au moment du départ, l’herbe qui se trouvait sous l’objet s’est dressée pour retrouver aussitôt après son état normal.
A son retour de la gendarmerie, le soir-même, Monsieur V. constatera que les plants d’amarante qui s’étaient trouvés au voisinage de l’objet avaient subi une déshydratation importante. Les analyses qui en ont été faites n’ont pas permis d’expliquer la cause des dommages constatés, mais les conditions de prélèvement et de conservation ne furent de toute façon pas propices à une étude fiable.

 

 

En haut : vue de profil de l’objet d’après un croquis réalisé par le témoin en 1981. Son diamètre estimé est de 1 mètre cinquante, sa hauteur de 80 centimètres. Le Béryllium est un métal gris, léger et rare. Sa production est si délicate qu’elle n’est assurées que par trois pays au monde. Cet élément en marge des classification et qui par certaines caractéristiques n’est pas vraiment un métal, est utilisé dans l’astronautique. Ce n’est pas un hasard si le témoin site son nom : il veut donner l’idée d’un matériau rare, beau, et malaisé à décrire. La couleur «bleu-vert lagon» -Monsieur V. dira aussi : «bleu des mers pacifiques»- peut-être traduite par bleu turquoise (5), mais ce n’est pas si simple car les gendarmes ont noté que le témoin semblait subjugué par la partie supérieure de l’objet qu’il appelle la coque :

 «Ce n’était pas lumineux, ce n’était pas une vapeur... Est-ce que c’était du plexiglas ?.. Cette moitié supérieure était de couleur bleu-vert lagon dans son remplissage interne... Ce n’était pas une boue, pas un gel, ça n’était pas un liquide... La couleur n’était pas homogène... C’était un volume translucide... Ça donnait l’impression que quelque chose allait sortir de là-dedans... quelque chose qui n’était pas vivant, mais...».

Le témoin insista sur le fait que l’objet ne comportait aucune trace d’usinage visible et que ses teintes ne correspondaient pas à des couleurs habituelles. Il ajouta qu’il n’était pas vraiment inquiétant car il dégageait une impression de «neutralité absolue».

 On aurait tort de considérer -comme cela a été le cas- que cette description est maladroite et contradictoire. Elle est surtout difficile : Marc V. cherche à dépeindre une chose indéfinissable car trop inhabituelle. Cette description est à mes yeux plus précise et plus réussie qu’elle ne paraît, et nous devons nous garder d’essayer de la traduire par d’autres mots. Il est possible de se rapprocher de la réalité dont elle tente de rendre compte en la relisant plusieurs fois à la suite : la fusion des mots qui la composent -sans oublier l’expression neutralité absolue- peut alors aboutir à un concept.

Bien qu’il ne se soit jamais intéressé au phénomène ovni (il n’y avait à l’époque aucun livre sur le sujet chez lui) le témoin n’a pas pu s’empêcher de s’adresser à l’objet pour lui dire «bonjour en plusieurs langues.

 Comparé aux récits imaginaires issus de mon étude X, ce témoignage dégage une très nette impression d’authenticité. Je ne connais -et de loin- pas de description plus précise d’un objet volant non-identifié. Je suis par ailleurs convaincu que cet objet insolite n’avait d’autre fonction que de se montrer.

PROCES - VERBAL D'AUDITION

Le 21.10.82 à 18 heures, au Bureau de notre Brigade, entendons Monsieur Henri, 30 ans biologiste, demeurant V1, 102 Avenue Noël Bernard, né le 16/4/52 à V2, fils de Maurice et de Geneviève Laurent, de nationalité française, qui déclare :

 " Ce jour vers 12 heures 15, sortant de mon travail, et me trouvant dans mon jardin, devant la maison, j'ai assisté au phénomène suivant ; vers 12 heures 35, j'ai vu un engin volant que j'ai pris tout d'abord pour un avion, venant du Sud-Est. Je l'ai vu briller, il n'y avait pas de nuage, je n'avais pas le soleil dans les yeux et la visibilité était totale. Sa vitesse de descente n'était pas grande, je pensais que l'engin allait passer au-dessus de ma maison.

A un moment donné, j'ai vu que sa trajectoire aboutissait au-dessus de moi, je me suis reculé de trois à 4 mêtres. Cet engin est resté en sustentation à un mètre environ du sol, pendant vingt minutes. Je suis affirmatif ayant regardé l'heure.J'ai observé cet engin d'abord à un mètre cinquante, puis m'approchant doucement jusqu'à cinquante centimètres.

Je peux donner la description suivante :

forme ovoïde, diamètre environ un mètre cinquante, épaisseur zéro mètre quatre-vingt, la moitié inférieure avait un aspect métallisé genre béryllium poli la moitié supérieure était de couleur bleu-vert lagon dans son remplissage interne. Cet engin n'émettait aucun son, ne dégageait ni chaleur, ni froid, ni rayonnement, ni magnétisme, ni électromagnétisme. Je vous remets un croquis sommaire de l'engin et je pense avoir approché aumaximum la réalité quant aux dimensions et aux formes. J'ajoute que la masse volumétrique me paraissait très lourde.

De plus, la forme de cet engin épousait étroitement la surface de mon jardinet. Pendant les vingt minutes d'observation, je suis allé au premier étage de ma maison, j'ai pris mon appareil photo chargé et je suis redescendu dans le jardinet.L'engin n'a pas bougé de sa place. J'ai essayé de déclencher, mais mon appareil s'est bloqué car je précise qu'il a déjà présenté plusieurs fois des défectuosités. Comme je l'ai déjà précisé plus haut, l'observation a duré vingt minutes au bout desquelles l'engin s'est brusquement élevé à la verticale constante, trajectoire qui a été maintenue jusqu'à perte de vue. Le départ de l'engin, et non pas le décollage, car il ne s'est jamais posé, a été très rapide, comme sous l'effet d'une forte aspiration. Je précise que sur le terrain, aucune marque ne fut déposée, ni dans l'infrastructure externe. L'herbe n'est ni calcinée, ni écrasée, j'ai simplement remarqué qu'au départ de l'engin, l'herbe s'est dressée droit pour revenir rapidement à sa position normale.

 Au moment de cette observation j'étais seul dans mon jardin et dans ma maison. Je n'ai pas vu de voisin immédiat. J'ajoute que ma maison est en contrebas de la route et que l'engin n'a pas pu être vu lorsqu'il était dans le jardinet. Je ne vous ai pas prévenu de suite, car j'en ai d'abord parlé à mon épouse à 17 heures, et c'est là que nous sommes venus à votre bureau. C'est tout ce que je peux dire."


Télex de la Gendarmerie de V3 (22/10/82 à 08 heures)

OBJET : OBSERVATION D'OBJET VOLANT NON IDENTIFIE

Le 21/10/82 à 12h33
102, Rue Noël Bernard à V1, en agglomération.

Monsieur Henri, 30 ans, biologiste a aperçu objet ovoïde de 1,50 m et de 0,80 m d'épaisseur, couleur métal venant Sud-Est se mettre en sustentation dans jardinet près de sa maison.

Témoin a observé engin pendant 20 minutes. Aucun dégagement, fumée, chaleur, froid ou rayonnement. Vers 12h56, engin s'est élevé rapidement à la verticale jusqu'à perte de vue. Témoin s'en était approché à 0,50 m. A tenté prendre photo mais son appareil s'est bloqué. Aucune trace dans herbe et environs immédiats.

Pas de témoin connu.

Brigade Gendarmerie V3 avisée le 21/10/82 à 18 heures par témoin. P.V. Numéro 1056 du 21/10/82 BT V3.

Presse non informée.

FACTEURS D'INTERVENTIONS


La justification d'entreprendre une enquête ne se fait à partir de critères permettant de confronter les données collectées entre elles, d'analyser celles-ci dans le but de fournir des éléments de réponse sur l'origine de l'évènement en cause. Dans le cas présent, bien qu'il n'y ait qu'un seul témoin, la décision d'intervention résulte des caractéristiques particulières suivantes, selon les premières informations. Possibilité d'effectuer des analyses en laboratoire en raison de la présence de traces et effets présumés sur les végétaux.


Témoignage abondant et précis.

Bonnes conditions d'observation ( de près et longtemps ). Absence de "parasitage" de la part des médias et groupements privés.

DÉROULEMENT DE L'ENQUETE
Télex Gendarmerie reçu au GEPAN le 23 octobre 1982.
Décision d'intervention 27 octobre.

Préparation 28 octobre 9 Heures à 12 heures.
Départ Toulouse 12 heures, arrivée à V2 à 21 heures.

Gendarmerie de V3 - 9h.30 le 29 octobre 1982.
Récit et commentaire du Brigadier chargé de l'enquête.

Communication des documents suivants :
P.V. de Gendarmerie
Plans de situation.

Intervention auprès des aéroports militaires proches de V2.

Contact à la Mairie de V1 pour plans cadastraux.

Arrivée à V1 chez Monsieur Henri 12h30.

Présentation

Narration libre

Reconstitution

Mesures diverses

Prélèvements échantillons végétaux

Prise de photographies.

Départ de chez Monsieur Henri : 15 heures.

Retour Gendarmerie 15h30.

Recueil des échantillons prélevés, par la Gendarmerie et conservés au réfrigérateur la Brigade.

Copie des plans, des P.V. et croquis.

Départ 16 heures.

ENVIRONNEMENT

DESCRIPTION DE L'ENVIRONNEMENT


Monsieur et Madame Henri habitent la commune de V1, banlieue périphérique de V2.

Leur villa est située dans une rue tranquille, en plein centre de cette ville de 15 000 habitants ( voir figure 1 ainsi que photographies ci-après ). On peut dire que la situation et l'environnement de la maison de Monsieur et Madame Henri ne diffèrent pas des banlieues résidentielles comme il en existe dans de nombreuses agglomérations.

La seule particularité réside cependant dans l'accès à leur maison. En effet, il faut, pour accéder à cette maison, emprunter un chemin très étroit de 80 cm de large, sur une trentaine de mètres de long, à partir de l'entrée sur la rue. Un second portail permet ainsi l'accès dans une cour avec un petit jardin. Tout autour de la maison de Monsieur et Madame Henri, des propriétés clôturées par de grands murs les entourent complètement. Leur maison est constituée de deux corps de bâtiment en ailes construit à des époques différentes.

DESCRIPTION DU JARDIN

C'est l'espace dans lequel la quasi-totalité des évènements rapportés par Monsieur Henri se sont déroulés. Nous apporterons en conséquence, le maximum de précisions sur les aspects descriptifs.

LES DIMENSIONS DU JARDIN

Nous avons, lors de la description des lieux, indiqué l'étroitesse et la petite taille du pavillon de Monsieur et Madame Henri. Le jardin est proportionné aux dimensions de l'ensemble. Compte tenu du fait que la surface totale ( terrasse et jardin ) est d'environ 45,50 m2 le jardin n'en occupe qu'une faible partie :
10,50 m2, soit environ le quart.

DESCRIPTION ET COMPOSITION DU JARDIN

Monsieur Henri aime s'occuper de son jardin durant ses heures de loisir ; il y apporte un soin particulier. Il nous a expliqué qu'il variait la composition florale en fonction des saisons. Il a organisé ce petit jardin d'agrément autour d'une surface rectangulaire centrale occupée par du gazon. La partie proche du mur, au fond du jardin ( face Sud-Est ) est composée d'arbustes hauts, de manière à masquer celui-ci. Des murettes, d'une vingtaine de centimètres de haut, délimitent l'aire gazonnée ; des plates-bandes, de plantes saisonnières ornementent l'ensemble. Il y a environ 200 arbustes et fleursd'agrément contenus dans ce petit jardin, selon les dires de Monsieur Henri. Le témoin nous a, par ailleurs, communiqué la composition des espèces florales, tout en précisant que celle-ci est différente-du jour de l'observation car il a entrepris depuis des travaux de nettoyage et de remplacement de plantes. Par exemple, le massif d'amarante ainsi que les roses trémières ont été enlevés l'avant-veille de notre arrivée.

Les photos de la planche n°2 montrent l'emplacement occupé par ces fleurs la terre ayant été préparée et retournée pour l'hiver. Cette liste, incomplète, des plants présents dans les plates-bandes le 29 octobre, s'établit ainsi :

du coin Nord vers le coin Ouest : arbuste à feuillage persistant pompon jaune giroflées pensées lupins bleus oeillets aunes lavande

du coin ouest au coin sud : iris violets lupins giroflées hortensia iris violets

du coin Sud au coin Est: iris un arbuste à feuillage persistant : troène blanc.

Enfin, du coin Est au coin Nord, la terre retournée où étaient implantées les amarantes. On peut encore ajouter, au moment de l'observation, la présence de pieds de roses trémières disposés aux quatre coins du jardin, ainsi que 2 pieds supplémentaires au milieu du massif d'amarante.

NOTA

Les roses trémières peuvent atteindre une hauteur de prés de 2 mètres, dans le cas présent, elles étaient à peu près de la hauteur du témoin, soit 1,70 mètres environ. La hauteur du gazon, le 21 octobre, était de 15 cm ; Monsieur Henri indique qu'il a coupé celui-ci d'environ 5 centimètres depuis On notera dans le jardin la présence de deux fils à linge : l'un est placé le long de la murette à côté de la terrasse, l'autre prend appui sur le mur d'enceinte, au fond du jardin. Ce dernier est à 1,90 mètre du sol. Il passe au-dessus du jardin, à une vingtaine de centimètres de la verticale du bord.

 

RECONSTITUTION ET EXAMEN DES ELEMENTS DESCRIPTIFS

INTRODUCTION


Comme à l'habitude l'enquête a commencé par une narration libre de la part du témoin, suivie d'une reconstitution des phrases les plus marquantes, accompagnée de mesures d'estimations de paramètres physiques et de commentaires de la part du témoin.

Ces actions ont permis de recueillir une grande masse d'informations qui ont été examinées et analysées de deux points de vue différents et, dans une large mesure, complémentaires.D'une part, ces données ont été considérées d'un point de vue essentiellement technique, en analysant la cohérence et la précision du contenu explicite. C'est ce que l'on trouvera tout au long du présent chapitre. D'autre part, ces mêmes données ont été examinées d'un point de vue plus psychologique, en étudiant plutôt les aspects comportementaux, la forme du discours, et son contenu implicite. C'est ce que l'on trouvera dans le chapitre suivant. Puisque ces deux travaux s'appuient sur les mêmes données certaines seront utilisées à chaque fois mais d'un point de vue différent.
Ainsi, la même importance ou le même rôle ne sera pas nécessairement donné à chaque information dans les deux travaux. Il n'y a pas vraiment redondance.

Nous avons donc décidé que chaque chapitre contiendrait les informations auxquelles il se réfère, même si cela doit entraîner une répétition d'un chapitre à l'autre.

 

TRAJECTOIRE ESTMÉE DU PHÉNOMÈNE

Monsieur Henri décompose l'ensemble des déplacements du phénomène en trois phases distinctes :

- Phase d'approche.
- Phase stationnaire.
- Phase de disparition.
- Phase d'approche -

Le témoin mentionne dans son récit, qu'il a commencé à percevoir le phénomène lorsque son regard s'est porté vers le ciel ( sans nuages ) :

il a vu le "mouvement d'un appareil qui grossissait en le regardant".

La position initiale d'observation mesurée par le témoin lors de la reconstitution, à l'aide d'une boussole, était de 132° en azimut et 60° de site, le point de mesure étant considéré sur la terrasse entre les deux escaliers, à un mètre du bord.

Lors de cette phase descendante, Monsieur Henri précise la trajectoire :
"lorsque l'appareil se rapprochait, j'avais le sentiment que ça avait l'air de freiner, que ça allait tomber de l'autre côté du jardin, de l'autre côté du toit de la maison. Puis, à ce niveau là, c'est vraiment descendu au-dessus du jardin... au-dessus de l'herbe, j'ai vraiment cru que c'était quelque chose qui allait tomber dans la terre... "

Phase stationnaire

Le phénomène observé par le témoin durant cette phase est estimé par lui à un mètre environ au-dessus de la surface gazonnée du jardin. Selon ses dires, cette phase est totalement statique le phénomène s'insère alors totalement dans son cadre de référence géométrique, à très courte distance de lui, 1 à 2 mètres, et à sa hauteur.

Phase de disparition 

Monsieur Henri observe également le départ, puis la disparition du phénomène dans leur intégralité.
La trajectoire de fuite, d'après ses propos, était complètement rectiligne, à la verticale du point de stationnement.

"Il n'est pas parti comme il était venu, par le coin gauche du jardin, il est monté, vraiment comme aspiré mais vraiment droit, droit, droit...et il y avait une petite brillance parce que l'appareil est remonté jusqu'à perte de vue d'un petit point brillant."

 

 

"Il n'est pas parti comme il était venu, par le coin gauche du jardin, il est monté, vraiment comme aspiré mais vraiment droit, droit, droit...et il y avait une petite brillance parce que l'appareil est remonté jusqu'à perte de vue d'un petit point brillant."

 

- Position 1

Position initiale d'où Monsieur Henri observe le phénomène qui se rapproche.

- Position 2

Monsieur Henri, surpris recule sur la terrasse jusqu'au mur de la cuisine.

- Position 3

Monsieur Henri se rapproche du phénomène, descend les escaliers de la terrasse, et vient se placer devant la porte de l'atelier.

- Position 4

Il prend la décision, pour accréditer sa perception de l'évènement, de prendre une photographie ; il se rend alors dans la villa, au 1er étage, précise-t-il, puis, muni de l'appareil, il redescend sur la terrasse.

- Position 5

Sur la terrasse, il essaie, vainement, de prendre une photographie.

- Position 6

Le témoin devant cette tentative infructueuse de prise de photographie, décide de s'approcher au plus près de cette forme stationnant au-dessus de son jardin.
Pour cela, il emprunte l'escalier ( côté gauche de la terrasse ), longe l'allée devant la terrasse, puis, vient se placer devant la porte d'entrée de son atelier.
De cette position, il observe longuement et minutieusement le phénomène.

- Position 7

Nouveau déplacement dans l'allée bordant la terrasse pour observer sous un autre angle.

- Position 8

Retour devant l'entrée de l'atelier.

- Position 9

Quelques instants après, Monsieur Henri, voulant regarder avec davantage de hauteur ( voir figure 2 ) et de recul, cet objet, s'éloigne en remontant sur la terrasse. C'est dans cette position qu'il observe le départ et la disparition du phénomène.

FORME
Le phénomène est tout d'abord apparu au témoin sous une forme ponctuelle et sa première impression était qu'il s'agissait d'un avion. Ce n'est que lorsqu'il se rapproche du sol à la hauteur des arbres, dans la propriété voisine, qu'il se rend compte que ce n'est pas cela. A Partir de cet instant, il distingue nettement une forme "circulaire".
Son vocabulaire évolue :
il ne s'agit plus d'un avion, mais d'un "objet, d'un appareil...".
La comparaison avec un objet familier est sans doute significative de son embarras pour décrire cette forme.

Il établit un rapprochement avec "deux couvercles de lessiveuse l'un sur l'autre". On peut signaler que plus le phénomène se rapproche, plus sa description et l'évaluation de sa forme est précise, mais également que le discours évolue du familier vers l'inconnu.

Monsieur Henri préfère s'appuyer sur le dessin pour préciser la forme du phénomène.

Le dessin ( figure 6 ) exécuté par lui durant la reconstitution le représente en vue latérale à hauteur d'homme.
Grâce à ses observations de dessus et de dessous le témoin indique que ce phénomène était circulaire.
Il souligne, sous la partie inférieure, un méplat, et sur la calotte sphérique, un rebord d'une largeur de 10 centimètres.

 

DIMENSIONS ESTIMEES
Les indications fournies par Monsieur Henri ont été présentées sous forme de tableau comprenant les dimensions estimées durant la reconstitution, à la Gendarmerie et dans les discussions avec le GEPAN.

 TABLEAU DES DIMENSIONS ESTIMEES

 

Caractéristiques

CROQUIS ET DISCOURS GENDARMERIE

CROQUIS ENQUETE GEPAN

DISCOURS AU GEPAN

Diamètre

1,50 m

1,50 m

1,50 m

Epaisseur

0,80 m

0,80 m

    

Rebord calotte sphérique

10 cm

10 cm

10 cm

Méplat

30 cm

25 à 30 cm

    

Bande latérale

40 cm

40 cm

40 cm

 

Ce tableau nous montre une grande homogénéité entre les différentes versions, ainsi que des dimensions estimées tout à fait compatibles avec l'espace que représente le jardin.


Cependant, on peut noter sur les deux croquis faits par le témoin, un écart entre les proportions effectives des dessins et les cotes indiquées.
Ceci est d'autant plus regrettable que l'un des dessins au moins ( celui demandé par le GEPAN ) a été fait sur papier quadrillé.
Il faut noter également que les dimensions chiffrées fournies par Monsieur Henri proviennent selon ses dires, d'une simple estimation "à l'oeil", et non pas d'une quelconque mesure, pas même en visant les proportions à l'aide de la main tendue.

Pour pondérer ces informations contradictoires, nous avons mesuré les proportions respectives des trois parties sur les deux dessins.
Nous avons fait la moyenne des deux valeurs obtenues pour chaque partie, et l'avons ramenée à la taille totale (80 cm) supposée correcte.

 

ESTIMATION PRÉSUMÉE DE L'EMPLACEMENT DU PHENOMENE EN STATIONNEMENT -


Lors de la reconstitution nous avons demandé Monsieur Henri de nous indiquer la position estimée du phénomène observé :

 

"Il se tenait en plein au-dessus du gazon, pas exactement au milieu, plus vers le troène... ".

Dans les divers déplacements effectués autour du phénomène, il n'a pas remarqué un contact physique direct avec la végétation, en particulier le massif d'amarante.

La position par rapport au sol est fournie par le témoin :

"il était là, à peu près à 1 mètre au-dessus du sol... ".

Compte-tenu des informations relatives aux dimensions estimées du phénomène, ainsi que celles concernant sa position dans l'espace, nous avons schématisé, sur les figures 8 et 9 sa silhouette approximative par rapport au jardin. Ceci nous permet de déterminer un centre fictif O qui servira de référence pour la collecte des échantillons végétaux ( voir VII - Prélèvements d'échantillons végétaux ).

EVALUATION DES COULEURS


La désignation de la teinte du phénomène par le témoin se décompose en deux parties. La partie supérieure, y compris la bande latérale, et la partie inférieure, calotte sphérique avec méplat.

Monsieur Henri a insisté sur le fait que ces teintes particulières ne correspondaient pas dans son esprit à des couleurs habituelles.

 

La partie supérieure

C'est sans aucun doute celle pour laquelle il a le plus de difficulté à définir avec exactitude la couleur.
Sur l'échelle PANTONNE son choix de la tonalité s'est porté dans les verts bleutés 320-327.

Il définit cette couleur comme "un bleu vert lagon" et précise que celle-ci n'était pas homogène, qu'il avait l'impression d'être en présence "d'un volume translucide".

 

La partie inférieure

La teinte désignée par Monsieur Henri se situait dans les gris métallisés.

Sur l'échelle PANTONNE il indiquait gris bleu entre 443 et 444.


ASPECT ET CONSISTANCE


Le témoignage très complet de Monsieur Henri évoque aussi l'aspect, l'apparence, la consistance du phénomène et des matériaux qui auraient pu le composer. Pour l'aspect de la partie inférieure, il parle en termes techniques, d'une surface estimée "lissielle, surfacée, métallisée, polie...".

A propos de la consistance de la partie inférieure, il précise :

"la masse volumétrique paraissait très lourde, je l'ai même comparée à du Béryllium ..".

Il précise de lui-même cette référence au Béryllium.

"Le Béryllium, on n'en voit pas tous les jours ! C'est en allant à une exposition de techniques de Laboratoire à V2 que j'ai vu ce matériau qui sert dans les fusées, dans l'aérospatial...
Dans cette exposition la pièce polie était gris bleu argent...".

Reprenant son analogie avec des matériaux communs, il indique :"ça faisait ni acier, ni ferreux, ni chromé, ni nickelé,..."

Pour la partie supérieure, son enveloppe en forme de calotte sphérique est la partie qui a le plus attiré l'attention du témoin.
Dans son discours, il semble même subjugué par cette "coque".
La description à certains moments est contradictoire :

"ce n'était pas lumineux, ce n'était pas une vapeur, est-ce que c'était du plexiglas ? ...ça faisait comme rempli...
ça faisait l'impression qu'il allait sortir quelque chose de là-dedans, ça n'était pas une boue, pas un gel, ça n'était pas un liquide...
ça venait peut-être de l'extérieur ou de l'intérieur, ça paraissait venir de l'intérieur...
ça faisait quelque chose de très spécial au niveau de l'oeil... ".

En liaison avec l'idée d'un artefact, il a noté l'absence de détail habituellement révélateur d'un usinage.
En particulier, aucune aspérité ni marque n'était visible sur l'enveloppe :

"Il y avait bien une vis, un clou, une pointe, une trace d'emboutissage, bon on le voit... non, il n'y avait rien d'une finition manuelle ou automatique, quoiqu'on en pense, il n'y avait aucune finition de petit matériel qui permette de fixer quelque chose... ".

Pour les jointures entre la calotte sphérique et la bande latérale, les angles étaient nets, les interfaces entre les diverses parties ne présentaient aucune trace d'un usinage quelconque :

"vous voyez par exemple une boite de conserve ou un objet qui a un point de soudure, des bourrelets, une traînée de soudure...là, rien du tout, surfacé, lissiel, poli, pas de bavures, un bel objet, joli... ".

BRUIT
C'est un point particulier que souligne Monsieur Henri qui semble provoquer chez lui-même une certaine angoisse :
à aucun moment il n'a entendu, perçu, le moindre son en provenance de ce phénomène, pendant les phases dynamiques et statiques :

"ça n'a pas fait de bruit, je sais bien que ça se déplace dans l'air, les vieilles lois de la physique sur le sifflement...et puis, je vous assure que pour ma part je n'ai pas de problème auditif, mes oreilles marchent bien...".

    A Voir - 8 Janvier 1981 L'affaire de l'ovni de Trans-en-Provence

 

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